• S'Informer

  • 1

Crédit immobilier : De nombreux dossiers sont aujourd'hui refusés par les banques

Le constat n'est pas réjouissant. De nombreux dossiers immobiliers viables en 2019 sont aujourd'hui rejetés par des banques. Essentiellement, suite à une situation liée aux préconisations du Haut Conseil de stabilité financière datant de janvier 2020 et demandant aux banques de veiller à l'endettement des emprunteurs qui ne devra pas dépasser dorénavant 33 %. A cela s'ajoutent aujourd'hui, l'augmentation des taux et en parallèle la baisse du taux d'usure annoncé par la Banque de France. Début mai et selon la dernière étude mensuelle du Crédit Logement CSA, le taux moyen s'établissait à 1,25 %, soit une hausse de 7 points de base par rapport à avril. Cette tendance avait déjà été observée avant le confinement. Les banques étaient fortement incitées à refuser des dossiers qui présentaient un endettement supérieur à 33 %. Des recommandations faites le 20 décembre dernier par le Haut Conseil de stabilité financière, organisme placé sous l'égide de Bercy. Avec pour objectif d’éviter une surchauffe sur le marché du crédit immobilier.

Résultat : Environ 100 000 ménages considérés modestes, sans apport, vivant dans des zones rurales ou urbaines moyennes ont été concernés. Et la crise sanitaire n'a pas arrangé les choses... Sur les 5 premiers mois de l'année, l'augmentation des refus de prêts est acté par tous les experts et ce, même pour des dossiers de qualité qui auraient été acceptés en 2019. Et avec un taux d'usure qui baisse, rien ne va plus. Le taux d'usure est un taux fixé tous les trimestres par la Banque de France et que les banques ne peuvent pas dépasser. Aujourd'hui il est à 2,51 % (tout compris) pour un prêt immobilier de 20 ans et plus. L'augmentation du taux et la baisse du taux d'usure au même moment engendrent, donc une difficulté supplémentaire à prendre en compte pour une certaine catégorie de personnes désireuses d'obtenir un prêt immobilier. La conséquence de l'endettement à 33 % maximum, le taux qui augmente et le taux d'usure qui baisse font que des ménages qui n'ont pas d'excellents profils se voient refuser leurs dossiers. Sont particulièrement concernés en ce moment, les salariés au chômage partiel. Un cas parmi tant d'autres : Un couple de quadras, aux revenus annuels de 84 000 euros, avec un apport de 15 000 euros et un taux d'endettement de 25 % pour l'achat de leur résidence principale. Avant le confinement, le taux dont ils auraient pu bénéficier était de 1,65 % sur 25 ans (TAEG : 2,42 %), mais l'agence bancaire a été fermée pendant trois semaines, la banque n'est donc revenue vers eux qu'à la mi mai et le taux était, entre temps, passé à 2,10 % (TAEG à 2,86 %).

Dans un courrier adressé à un confrère, la banque des emprunteurs précise : "nos taux ont subi une hausse de 0.50 points sur le mois d’avril, ce qui ne nous permet pas de suivre ce projet étant donné que le taux d’usure est dépassé." Et d'ajouter "actuellement, nous avons beaucoup de dossiers qui dépassent le taux d’usure et la situation est regrettable pour vous comme pour nous. Ce n’est pas une raison non plus pour que nos gestes commerciaux doivent être tous à la baisse, pour pouvoir faire valider toutes les demandes".

L'APIC, l’Association Professionnelle des Intermédiaires en Crédits, a écrit à la Direction générale du Trésor pour l'alerter de cette situation et lui proposer des solutions. Une situation dont s'est aussi émue la FNAIM, première organisation professionnelle du secteur immobilier.

A suivre...

10/06/2020